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Écrit par Pierre Devos   
Lundi, 28 Septembre 2009 11:27

L’ESPRIT QUI ANIME LA F.S.K.

INTRODUCTION


Lorsqu’une activité se met en chantier, elle est habituellement stimulée par un « idéal » où les auteurs puisent l’énergie de son développement. Au fur et à mesure de celui-ci, l’activité traduit cet idéal, livre son « esprit » et devient plus perceptible. La fidélité à cet esprit d’entreprise fait la vérité de l’activité et la consacre comme une réponse à un besoin pour un « mieux être » dans la ligne de l’idéal poursuivi ; c’est aussi dans la fidélité à cet esprit que les collaborateurs trouvent le courage pour négocier les défis à relever dont sera immanquablement semée la croissance de leur action.

Il en est ainsi des activités sociales de la F.S.K. Suscitées en 1989 par l’écroulement du mur européen, elles furent amorcées en 1991 en raison d’événements douloureux en Ex-Yougoslavie et se développèrent à partir de 1993 avec le concours des jeunes d’Europe Centrale et Orientale accueillis en Belgique pour y faire leurs études supérieures. Elles ont aussi leurs prolongements au Congo, en Haïti, en Hongrie, en Inde, - à Calcutta et à Bombay-, au Liban et en Roumanie.

L’esprit qui anime ce programme depuis ses débuts n’a pas changé. Tant mieux s’il peut aider ceux qui, au terme de leurs études en Belgique, regagnent leur pays pour y exercer leur profession et ceux qui sont engagés en première ligne dans des pays de pauvreté. Cet « esprit » stimule les responsables de la F.S.K. à prolonger leur effort bénévole ainsi que les personnes qui leur apportent soutiens matériels, encouragements et conseils. Cet « esprit » que partagent ceux qui se sont engagés dans ce programme, - étudiants, collaborateurs et responsables -, ne prit pas sa source dans la société matérialiste de profit ou dans la publicité tapageuse de notre époque mais dans une source d’énergie très modeste faite de cordialité.

« L’Europe de la poignée de main », les responsables de la F.S.K. y croient comme à une réalité constructible par tous les citoyens de bonne volonté qui ont à y prendre leurs responsabilités à côté de ceux dont la mission plus officielle est d’aider à la réalisation de « l’Europe politique » ou de « l’Europe économique ».

L’expression de la F.S.K. « Europe de la poignée de main » résume son intention.

INTENTION DE DEPART

L’intention de départ, - octobre 1991 -, était de favoriser des contacts personnels d’un type nouveau, entre personnes de pays de l’Est et de l’Ouest de l’Europe. Le projet propose à des jeunes, - volontaires pour effectuer des études supérieures en Belgique -, une formation académique de post-graduate (Master, selon le décret de Bologne) en un ou deux ans, complémentaire d’un diplôme supérieur acquis avec succès dans le pays d’origine (cfr. la « Convention » dans ce même site).

Le programme de la F.S.K. suppose un investissement réciproque important tant de la part des jeunes qui acceptent de se couper de leurs habitudes de vie pendant la durée de leurs études que de la part de ceux qui consacrent bénévolement leur temps pour le réaliser en y apportant leur collaboration, leur expérience, leurs conseils ou leur soutien financier. Les candidats et les promoteurs entendent également harmoniser leurs efforts dans le contact avec d’autres cultures d’un tissu européen diversifié. Tous sont ainsi appelés à faire preuve de maturité incluant réciprocité et partage, saine critique et large ouverture de vues.

Le programme « Europe de la poignée de main » n’est pas fait d’avance ; il est tout au contraire à écrire, à vivre et à réaliser en collaboration avec ceux qui ont le courage de l’assumer avec l’énergie et la discipline qu’il requiert. Ce n’est pas une sinécure, en effet, de créer des liens là où il y avait des barrières, de jeter des ponts là où il y avait le vide, de faire des fenêtres là où il avait des murs, de donner la main là où existait la méfiance, de faire taire les a priori pour oser croire au monde du possible. Il ne s’agit pas seulement de tendre la main dans un geste machinal ou d’accepter la main que l’on vous tend et qu’il serait difficile de refuser ; il s’agit d’un geste dont l’origine est ailleurs, dans le cœur de chacun, et qui appelle réciprocité et partage. Ce programme appelle d’authentiques leaders, au sens noble du terme, tant parmi les candidats que parmi les responsables de la F.S.K.

L’objectif est donc de mettre en situation de partage et de service des jeunes de conception, de passé, de milieu social et de culture différents pour que demain ne soit pas comme hier, pour qu’à « un hier cloisonné, agressif ou passif », puisse succéder « un demain généreux, respectueux d’autrui et intégré dans un projet de service de l’homme ».

Chacun de ceux impliqués dans le programme, - les responsables de la F.S.K., ceux qui les ont aidés, les étudiants et leurs familles -, sont invités à collaborer à la réflexion sur cette démarche. Celle-ci, même si elle a déjà produit ses premiers résultats en Europe Centrale et Orientale (de 1993 à 2009, 47 étudiants, venus de 8 pays différents, ont parachevé leur formation) et, au-delà de l’Europe, dans des actions sociales (Inde, Haïti et Congo) doit constamment intégrer les nécessités nouvelles pour répondre aux besoins à combler. Cette démarche suit en cela la même logique que celle de l’homme dans sa soif de vérité ; il n’en aura jamais fini de se remettre en question et ne peut s’enfermer dans sa justification d’avoir raison ni se contenter du stade de maturité où il pense être arrivé.

QUESTIONS POUR UNE CROISSANCE

Une première question se pose quant à la motivation qui sous-tend le programme. S’il est clair que celui-ci ne poursuit aucun intérêt matériel ou personnel ni aucune intention de prosélytisme religieux ou de conversion des mentalités, il est tout aussi clair, qu’il fut élaboré sur un fondement spirituel. La F.S.K. se réfère à Quelqu’un et à sa mission dans notre monde ; il faut Le citer pour éviter toute ambiguïté : Jésus-Christ. Et s’il faut s’en justifier, c’est moins par rapport à un passé que par rapport à l’avenir. L’Europe de demain ne se fera pas sans spiritualité et celle annoncée par Jésus-Christ pourrait en assurer l’épanouissement si elle était vécue en vérité.

Après 15 ans, l’intuition de départ de la F.S.K. n’a pas changé et s’est confirmée par l’expérience. La raison en est simple. Par des gestes aussi évidents que ceux qui permirent la constitution d’un fonds d’accueil et l’accueil lui-même de jeunes gens de pays d’Europe Centrale et Orientale, les responsables de la F.S.K. et ceux qui en soutiennent le programme ne font là que ce qu’ils ont appris ailleurs : essayer de réaliser « en mémoire de Lui », dans le temps et dans l’espace d’aujourd’hui, un peu de ce que Jésus-Christ réalisa dans le temps qui était le sien.

En quelque sorte, il s’agit d’une façon de répondre à l’appel qu’Il nous laissait par testament, invitant à prolonger son œuvre dans les temps et manières modernes mais en mémoire de Lui. Aucun mystère ne plane donc sur l’action entreprise par la F.S.K. Aucun intérêt privé ne l’incite à agir comme elle le fait. Son action trouve son origine dans un idéal de service. Et celui-ci n’est possible que parce qu’il a sa source, non dans une idée, mais en Quelqu’un qui proclama par tous les actes de sa vie : « Je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir » (Mc. 10,45).

Une deuxième question concerne les relations est-ouest européennes que la F.S.K. espère concrétiser positivement. Saisissant l’occasion d’ouverture qu’offrait, en 1989, la chute du mur européen, l’option fut prise de permettre à des jeunes de se rencontrer, durant le temps de leur formation, à un autre niveau relationnel que celui de la consommation, quelles qu’en soient les formes. Que l’on se situe au nord, au sud, à l’est ou à l’ouest de notre planète, la tentation se généralise de percevoir comme un « mal » l’absence de confort matériel, de loisirs ou de satisfactions égocentriques et comme un « dieu » la facilité en ces domaines. En réponse à cette lacune, faisant confiance à des jeunes d’aujourd’hui pour aider à réaliser l’Europe sociale de demain, la F.S.K. souhaite collaborer à leur formation et favoriser des relations humaines qui puissent combler le vide spirituel de la société de confort. L’aspiration ancrée au cœur d’un chacun : « Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! » (Lc. 2,14) ne se réalisera que par des relations humaines vraies.

Même s’il faut parfois marcher à contre-courant de certains slogans humainement déficients, hélas très médiatisés, on peut encore s’appuyer sur bien des personnes de toutes générations qui ne sont pas prêtes à s’enfermer dans les limites étroites de l’avoir matériel. Il en est beaucoup qui réalisent que leur épanouissement et celui du monde de demain s’établiront sur d’autres fondements que celui de l’avoir matériel et qui se développeront sur des valeurs d’amitié : liberté, vérité, service, générosité, réciprocité et partage, fidélité, dépassement de soi, route vers un « mieux être » etc...

FAUT-IL CONCLURE ?

Conclure un projet de route serait le limiter ; mieux vaut laisser cette route nous orienter vers d’autres carrefours et de nouveaux horizons. Le programme de la F.S.K. doit rester humble et modeste afin de lui garantir un développement dans la ligne de la vérité à susciter et de la fraternité à développer, loin du show et des contrefaçons. Tant mieux si la F.S.K. peut apporter une petite pierre, à sa place, dans la construction de l’Europe en y partageant quelques poignées de main entre personnes qui reconnaissent avoir besoin les uns des autres pour propager un peu plus de bonheur dans le monde.

Telle est la naïveté de la F.S.K., naïveté faible de la force matérielle et superficielle des excès de notre monde mais forte de la force des faibles qui avouent avoir besoin les uns des autres, naïveté qui n’a pas davantage à cacher la source de son énergie : Jésus-Christ ! La F.S.K. s’inspire de l’exemple d’un jeune Polonais d’une autre époque, Stanislas Kostka, qui, dès le 16ème siècle, avait inventé, à sa manière, les relations transnationales d’Est en Ouest de l’Europe, de Varsovie à Rome, rêvant, à 17 ans, de propager, au nom de Quelqu’un, un peu plus de fraternité entre les peuples : c’est aussi l’intention du programme de la Fraternité Stanislas Kostka.

Mise à jour le Lundi, 07 Décembre 2009 14:07
 
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