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D’où est née l’initiative de la F.S.K. ?
La FRATERNITÉ STANISLAS KOSTKA (F.S.K.), à Angleur, en ses débuts Fondation Stanislas Kostka prit, en 1994, le relais d’une initiative privée commencée en 1991 pour soulager les victimes du conflit qui brûlait la terre de l’Ex-Yougoslavie.
Le contexte social européen des années 1980, stigmatisé en 1989 par la chute du mur européen, est à la base de ce qui était à l’époque un « projet ». La dérive des pays de l’Est de l’Europe appelait de la part des pays occidentaux des initiatives mobilisatrices pour endiguer certaines conséquences dangereuses et prévisibles que pouvait entraîner la chute des régimes naguère en place ; parmi ces conséquences, l’angoissant problème des réfugiés qui affluaient vers l’Ouest de l’Europe pensant y trouver un .... paradis terrestre.
Sans doute les milieux politiques, économiques et industriels étaient-ils concernés au premier plan par cette situation. Mais leur laisser la responsabilité de formuler seuls les réponses aux questions ainsi posées, eut été faire fi de l’initiative privée aux schémas d’actions plus « personnalisés ». Et c’est bien de relations personnelles vraies dont l’Europe, - toute l’Europe -, a besoin ! L’interpellation de J.F. Kennedy « Ne te demande pas ce que l’État fait pour toi, mais plutôt ce que tu fais pour l’État » valable pour toutes les époques, - pour la nôtre également, - était là aussi pour stimuler l’initiative privée.
Par ailleurs l’ampleur du problème risquait de faire sombrer toute initiative dans un vaste découragement. Il fallut bien changer la perspective pessimiste du : « Que puis-je faire comme individu privé ou comme société modeste devant une telle situation ? » en une dynamique forcément positive : « Comme individu privé, comme groupement associatif, comme entreprise industrielle etc… je puis à priori faire quelque chose, mais ... quoi ? » Nous étions en octobre 1991 ; sans moyens matériels sans doute mais ... avec une idée !
Quel fut le premier objectif de la F.S.K. ?
Si le projet a sa source dans un pays d’Europe de l’Ouest et si sa cible est localisée dans des pays de l’Est de l’Europe, la complémentarité de la source et de la cible se veut celle de deux poumons de la même Europe appelés à se réaliser dans un même esprit.
Il n’y a pas à cacher que l’objectif de la F.S.K. - « Europe de la poignée de main » - s’inspire essentiellement de l’évangile de Jésus-Christ et qu’il a en vue des « hommes de bonne volonté ». Son programme s’enracine dans la foi en Jésus-Christ dont elle se veut une expression dans notre monde ; c’est bien, en effet, selon un plan de valeurs inscrites dans l’Évangile et dans la tradition chrétienne, respectueux de toute autre conviction, que la F.S.K. propose à des jeunes de l’Est-Européen une formation d’enseignement supérieur. Elle entend les aider à être demain, dans leurs pays, les fondateurs d’entreprises nouvelles, les moteurs de la relance économique, les pourvoyeurs d’emplois, et donc les acteurs de transformation sociale dont leurs pays ont sans doute besoin mais dont l’Europe, de l’Atlantique à l’Oural, a tout autant besoin !
Cet objectif concret est tout un programme. Lequel ?
On peut penser que si l’Europe de demain ne peut pas compter sur des hommes de bonne volonté, elle court un grand risque d’être à nouveau récupérée par des systèmes qui n’en finiront pas de s’entre-détruire ou de s’auto-détruire. Dans l’un et l’autre cas, ce seront, à nouveau, les simples citoyens qui en feront les frais. Pour y parer, l’Europe a besoin de leaders à tous ses niveaux.
Une volonté pragmatique de construire l’Europe à taille humaine est inscrite dans le programme de la F.S.K. : aider à former des hommes ! A la base de ce programme, une triple intention :
. Développer les échanges culturels entre les grandes Écoles, les Universités et les futurs cadres de nos pays respectifs. Manière pratique de situer :
+ l’Enseignement et les associations d’anciens élèves dans leur mission « au service de l’homme »,
+ l’Enseignement Supérieur dans son rôle de « partage universel du savoir » et d’échange des cultures,
+ l’École dans un « rôle de formation des mentalités aux enjeux nouveaux de notre siècle ».
. Favoriser l’entraide entre les peuples de l’Est et de l’Ouest européen tout en veillant à ce que soient favorisées les relations personnelles vraies, souvent oubliées dans la recherche des partenariats industriels et commerciaux.
. Collaborer activement avec les milieux d’affaires pour qu’ils trouvent rapidement dans les pays de l’Est européen, des jeunes cadres, formés aux exigences techniques et à celles de la gestion des ressources économiques et humaines, aptes à intégrer ces connaissances et méthodes de travail dans leur milieu culturel propre. Ces futurs cadres, formés au carrefour de cultures techniques et socio-économiques distinctes, seront ainsi mieux préparés à entrer dans l’Europe en mutation pour y développer avec leurs partenaires de l’Ouest des échanges d’un type nouveau. Ceux-ci, faits de relations humaines basées sur le respect des personnes, ne seraient-ils pas plus aptes à développer le nouvel ordre mondial qu’appellent les hommes de bonne volonté ?
Que contient le programme de la F.S.K. ?
Au plan académique, le programme offre à des étudiants issus de pays de l’Est de l’Europe la possibilité de poursuivre en Belgique un complément de formation dans l’enseignement supérieur. Par ailleurs, l’essence du programme repose tout autant sur l’aptitude intellectuelle des candidats que sur leur motivation à rallier les objectifs humanistes et sociaux de la F.S.K. La Fraternité Stanislas Kostka s’adresse donc à des volontaires qui acceptent la séparation de leur famille durant le temps des études en Belgique et qui s’engagent à réintégrer leur pays après celles-ci. Le souhait est qu’ils y relayent, dans leur vie professionnelle et familiale future, l’esprit de service et d’entraide qui prévalut à leur accueil.
Où le programme de la F.S.K. est-il annoncé et comment est-il relayé?
Afin de garantir l’exécution correcte du programme, des « antennes » ont été constituées dans les pays d’origine des candidat(e)s. Les antennes actuellement actives se situent en Hongrie, en Lituanie, en Pologne, en Roumanie, en République Tchèque, en Russie et en Ukraine.
Ces antennes sont soit des anciens de la F.S.K. rentrés dans leur pays après leurs études, soit des personnes privées originaires de ces pays, soit des Belges exerçant leur activité professionnelle ou sociale dans ces pays. Leur rôle s’inscrit dans une démarche relationnelle : communiquer les intentions de la F.S.K. et lui signaler des candidats intéressés par son programme et volontaires pour le réaliser.
Une pré-sélection des candidats, amorcée lors d’un entretien dans le pays d’origine, permet de préciser les motivations du candidat et de s’assurer du niveau de sa connaissance de la langue française. Si ce test est réussi, reste à amorcer les démarches d’arrivée en Belgique : procédure d’accueil prévue par la législation belge pour l’immigration temporaire des étudiants et dossier de candidature à introduire auprès de l’université.
Qui finance le programme de la F.S.K. et que lui en coûte-t-il ?
Jusqu’à ce jour, les bourses d’études sont intégralement financées par la générosité de personnes privées et par le bénévolat des responsables. Les résultats sont très encourageants puisque, autour de l’équipe des responsables qui compte une dizaine de personnes, on retrouve vingt-cinq conseillers et onze cent cinquante membres adhérents (personnes physiques, associations ou entreprises) ; ce sont ces personnes qui ont constitué un fonds social d’accueil pour que les candidats puissent poursuivre en Belgique leurs études supérieures. Gardons l’espoir que les stratèges européens soient, un jour, séduits par cette manière humaniste de « faire l’Europe » basée sur le volontariat des jeunes. Quant au coût de l’accompagnement et de la formation académique, il est évalué à 6.000 euros par année d’études.
Évaluation au terme des quinze premières années de la F.S.K.
A ce jour, la F.S.K a pu aider la formation dans l’enseignement supérieur de quarante sept étudiant(e)s, originaires de huit pays différents (46 pour une formation en Belgique et 1 famille dont la bourse d’études aida les quatre enfants pour leur formation en Croatie) ; en voici le détail :
. Cinq sont venus de Roumanie. Après une année de transition et la réussite de l’examen d’entrée à la Faculté des Sciences Appliquées de l’U.I.Lg., Bogdan, Desideriu et Eddy, arrivés en 1993, ont acquis en 1998 leur diplôme d’ingénieur industriel à la Haute Ecole Mosane d’Enseignement Supérieur de Liège, Institut Gramme. Horea-Sergiu est arrivé en 1994 ; après l’année de transition et la réussite de l’examen d’entrée à la Faculté des Sciences Appliquées de l’U.I.Lg., il a acquis en 2000 le diplôme d’ingénieur industriel à la Haute Ecole Roi Baudouin à Mons. Anca-Roxana fut boursière F.S.K durant l’année 2004-2005 pour effectuer une année de transition aux FUNDP à Namur avant de s’orienter vers la Haute Ecole Albert Jacquard.
. Trois sont venus de République Tchèque. Barbora et Petra, après une année de transition au Centre Scolaire Saint Benoît - Saint Servais (Scientifique Spéciale) à Liège et la réussite de l’examen d’entrée à la Faculté des Sciences Appliquées de l’U.I.Lg., ont acquis en 2001 leur diplôme d’ingénieur industriel à la Haute Ecole Mosane d’Enseignement Supérieur de Liège, Institut Gramme. Martin, arrivé en Belgique au mois d’août 2003 a effectué ses études en Sciences Commerciales aux Hautes Etudes Commerciales de Liège, soit deux années de candidatures et deux années de Licence qu’il termina en juin 2007.
. Une est venue d’Ukraine. En 1998, Natalia poursuivait à la Haute Ecole Mosane d’Enseignement Supérieur de Liège, Institut Sainte-Marie, une formation de Graduat en Marketing qu’elle acheva en juin 2000.
. Trente deux (dont une étudiante qui participa à deux séjours de formation) sont venus de Hongrie depuis l’année 1998 : sept pour des formations courtes de Summer School, quatre en français (Agnès, Katalin, Andrea et Mihaly) et trois en mathématiques (Eszter, Gergely et Melinda), et ving-cinq pour une ou deux années complémentaires de leur formation. Parmi ceux-ci, Zsolt, fit en 1998-1999 une année de Scientifique Spéciale au Collège Saint-Servais avant de poursuivre sa formation en Hongrie ; Lorand termina en 2001 un DESS en Marketing and E-Business aux Hautes Etudes Commerciales de Liège (HEC) ; Ildiko termina en janvier 2002 un DEC en Sciences du Livre à l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve ; Agnès termina en juin 2002 une post-formation en langue française à la Haute Ecole Namuroise Catholique (HENAC) et aux Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur (FUNDP) ; Matè termina à la session unique d’octobre 2002 un DEA en Théorie du Droit aux Facultés Saint-Louis (FUSL), à Bruxelles. Erzsébet, Julianna et Nora terminèrent en juin 2003 respectivement à l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve (UCL) un DEA en Relations Internationales et un DEA en Droit International, et aux FUNDP un DES en Economie Internationale et du Développement. Zita termina en juin 2004 à l’UCL un DES en Droit International et Szilard, à la session unique d’octobre 2004 des FUSL, un DEA en Théorie du Droit ; Eszter conclut en Hongrie l’année qu’elle avait commencée aux FUNDP. En juin 2005, Csanad termina un DEA en Etudes Européennes à l’UCL. En juin 2006 Zsuzsanna termina sa Licence en Musique Ancienne (flûte traversière baroque), Beata, une formation en Economie Rurale à l’UCL et Violetta Maria, un DES en Relations Internationales à l’UCL ; Miklos termina à la session unique d’octobre 2006 un DEA en Théorie du Droit aux FUSL. En septembre 2007, Anna et Kinga Margit ont respectivement acquis à l’UCL le diplôme de DES en Droit International et Européen et de DES en Philosophie et Lettres ; Viktoria ne put présenter tous les examens du DES en Droit International et Européen. En septembre 2008, Andrea et Sarolta ont respectivement acquis à l’UCL le diplôme de Master 120 en Anthropologie et de Master 60 en Langues et littératures française et romane ; Maria a acquis à l’ULG le diplôme de Master complémentaire en Gestion des risques et bien-être au travail. En septembre 2009, Petra et Zsuzsa Diana ont respectivement acquis à l’UCL le diplôme de Master 60 en Information et Communication et de Master 60 en Sciences Politiques. Par ailleurs, au mois de septembre 2009, deux étudiant(e)s ont commencé les formations suivantes à l’UCL : Csaba, un Master Complémentaire en Droit Européen et Szandra un Master Complémentaire en Droit International.
. Trois sont venus de Pologne : Andrzej effectua en 1994-1995 une année de français au Collège Episcopal du Sartay à Embourg avant de prolonger sa formation dans son pays. Elzbieta a terminé en juin 2003 un Graduat en Pastorale et Catéchèse à l’Institut International Lumen Vitae (LV) à Bruxelles. Janusz a terminé en juin 2004 un Graduat en Pastorale et Catéchèse à LV.
. Deux sont venus de Lituanie : Vaiva a terminé en juin 2003 un DEA en Théorie du Droit aux FUSL. Au mois de juin 2005, Paulius, religieux dominicain, a terminé à l’UCL la 2ème année de licence en Sciences religieuses.
. Une est venue de Russie : Natalia a terminé en juin 2003 la 2ème candidature en Droit aux FUNDP. En 2005-2006, elle fut prise en charge par un organisme tiers pour effectuer la 3ème licence en Droit à l’ULB (Bruxelles). En 2006-2007, elle poursuit à l’UCL par une bourse FSK un DES en Droit Economique qu’elle termina au mois de juin 2007.
. Une bourse d’études en Croatie d’un montant équivalent à une bourse d’études universitaires en Belgique permit à Marija, Nikolina, Paulina et Ivo, enfants d’une famille de Gruda dont la maman est veuve, rencontrés durant les chantiers de travail, d’achever leur formation en Croatie (Zadar et Zagreb).
La Fraternité Stanislas Kostka et le profil de son devenir
L’année 2009-2010 s’ouvre avec l’accueil de deux nouveaux étudiant(e)s de nationalité hongroise : Csaba et Szandra. Par ailleurs, un programme de collaboration vient de s’amorcer entre la F.S.K. et la Lituanie sous le même mode de collaboration que celui établi entre la F.S.K. et la Hongrie. Mis en contact avec la Vytautas Magnus University de Kaunas (Lituanie) par Vaiva Skurdenyté (FSKiste 2003) durant le mois d’août 2009, la F.S.K. travaille à la mise sur pied d’une cellule de son développement en Lituanie et espère accueillir deux étudiants lituaniens à la rentrée académique 2010-2011.
Dans le futur, peut-on songer à un effet multiplicateur de ce programme ? D’autres associations épauleront peut-être des activités similaires en collaboration avec des Universités et Hautes Ecoles de Belgique ou d’autres pays d’Europe Occidentale dans une harmonisation progressive des accords de Bologne. On peut rêver en pensant à l’apport que constituerait, pour la construction de l’Europe sociale, la décision de chaque Université ou Ecole Supérieure d’Europe Occidentale d’accueillir un ou plusieurs étudiants d’Europe Centrale pour y faire une partie de leurs études et y découvrir un univers complémentaire dans un environnement de fraternité. Le temps viendra aussi, espérons-le, où des jeunes belges poursuivront une partie de leur formation dans une université de ces pays. Un moyen d’aider les jeunes européens dans leur formation personnelle et dans l’ouverture au monde qui leur est chère ?... Une voie pour préparer des « bonnes volontés » capables d’influencer la constitution du nouvel ordre mondial que nous appelons tous ?...
La Fraternité a-t-elle d’autres activités ou projets ?
La F.S.K. a participé très activement, de 1994 à 1996, à la reconstruction d’un village croate situé dans la province de Konavle entre le Montenegro, la Bosnie, Dubrovnik et la côte adriatique. La F.S.K. put aider à la reconstruction de 28 toits pour les familles les plus nécessiteuses, fournir à ces familles un appareil électroménager, développer une coopérative agricole équipée de 12 machines et surtout participer avec une trentaine de jeunes belges à trois chantiers de travail. Un tissu de relations humaines chaleureuses demeure comme un baume sur les plaies des habitants de Gruda et fut une expérience très pragmatique d’unité européenne pour ceux qui participèrent aux chantiers. Ce programme lança d’autres initiatives :
En 1996-1997, l’aide humanitaire s’est élargie vers l’Inde. La F.S.K. put inscrire à son programme la scolarisation de vingt-six orphelines et enfants pauvres de Calcutta. Elle y fut remarquablement aidée par un groupement liégeois sensible aux problèmes de l’enfance, par les élèves du Collège Saint-Paul de Godinne, par des « copains d’alors » issus d’une unité scoute liégeoise des années 45-50 et par des personnes privées.
En 1997-1998, avec l’aide des élèves du Collège Saint-Paul de Godinne, la F.S.K. a développé une action d’entraide au bénéfice des milieux de la pauvreté en Haïti : participation à la réalisation d’un monte-charge pour soulager le travail réalisé manuellement par des femmes, construction d’une table vibrante pour blocs à béton et d’une presse pour graines oléagineuses.
En 1998-1999, avec l’aide des élèves du Collège Saint-Paul de Godinne, elle put fournir six rickshaw à des familles pauvres de Bombay et Madras.
En 1999-2000, avec l’aide des élèves du Collège Saint-Paul de Godinne, elle développa une action d’entraide pour financer la construction et l’équipement d’un local de classe dans une école de Kikwit (Congo). Par des actions de générosité de ce même groupe d’élèves, elle put prendre en charge le financement de soins de santé pour des familles pauvres de Calcutta.
En 2000-2001-2002, avec l’aide des élèves du Collège Saint-Paul de Godinne et d’une association caritative d’origine suisse, elle a pu inscrire à ses objectifs un programme de développement pour Calcutta. Ce programme qui s’est clôturé en juin 2003 a permis : le financement de soins de santé, la construction et la restauration d’habitats familiaux, le développement de bâtiments scolaires à Shanti Nir, l’achat de quatre rickshaw et d’une machine à coudre.
En 2003-2004, les élèves du Collège Saint-Paul de Godinne inscrivirent à leur programme des activités d’entraide pour deux cibles humanitaires au Congo : prolongement de l’aide aux écoles de Kikwit (cfr. ci-dessus) et aide aux victimes de l’éruption du volcan Nyiragongo (janvier 2002), à Goma.
En 2004-2005, la F.S.K. put réaliser un programme d’aide à la ré-ouverture du Lycée Leövey Klara pour les enfants de la minorité hongroise de Maramarossziget (N.O. de la Roumanie). Elle lui fournit un équipement en matériel de bureau, un matériel de laboratoire de physique et de chimie pour la classe des sciences, un accompagnement social des élèves qui ne rentrent pas en famille pour le temps de midi et l’assistance médicale à un jeune accidenté. Durant cette même année, la F.S.K. assura à Adma au Liban, sous discernement de la direction de l’Ecole technique, le coût de la formation de douze élèves pendant un an.
En 2004-2005-2006, la F.S.K. prit en charge avec l’aide d’un groupe caritatif suisse, un chantier de construction à Shanti Nir (Calcutta) : 30 abris familiaux, 30 maisons, 2 magasins et la charge de 20 emplois.
En 2005-2006, la F.S.K. s’engagea dans un programme d’entraide pour le village de Borsosberény à 80 kms au N-O de Budapest. Une action « salles de bains » menée en concertation avec les jeunes « FSKistes » hongrois, venus faire une partie de leurs études supérieures en Belgique, permit la réalisation de deux salles d’eau dans des habitations de familles nécessiteuses. Durant cette même année, la FSK pris en charge les petits déjeuners et repas du soir distribués pendant un mois à 170 personnes du Resto du Cœur de Szeged ; des FSKistes s’associèrent à la distribution des repas.
Durant cette même année, sollicitée pour une aide de première nécessité au Resto du Cœur de Szeged, la F.S.K. prit en charge les petits déjeuners et les repas du soir distribués pendant un mois à 170 personnes.
En 2007-2008, en concertation avec les autorités communales de la localité de Kunhegyes, une aide fut apportée à une famille de 9 enfants dont les parents étaient récemment décédés afin que la famille soit réintégrée dans un logement adapté, sous la tutelle du frère aîné.
En 2008-2009, la F.S.K. participa à un programme d’entraide pour une famille du village de Bordany au Sud de la Hongrie, aux frontières de la Roumanie et de la Serbie, région vivant de l’agriculture et de la culture des fruits et légumes. Les agriculteurs, un jeune ménage avec un bébé de 9 mois, en charge de parents âgés 80 et 75 ans, purent être sauvés d’un incendie qui ravagea la ferme durant la nuit du 20 février 2009. La présence d’esprit du père de famille permit l’évacuation de la famille dehors du bâtiment, malgré une température de - 20°C, sauvant ainsi les parents âgés qui dormaient dans la chambre voisine du garage où le feu avait pris et où se trouvaient deux bouteilles de gaz. La maison explosa et brûla ; tout fut perdu.
Durant cette même année, la F.S.K. se porta également preneur pour participer au programme de l’association « Vie Complète » dans la localité de Székesfehérvár. Aidé par des bénévoles, il permet d’offrir des vacances à des enfants et jeunes handicapés (physiques et mentaux). La fondation organise notamment des camps d’une semaine faite d’activités et de programmes divers, -jeux, excursions etc…,- pour aider à la réinsertion de ces jeunes.
Le Fraternité Stanislas Kostka en Hongrie.
Le 15 mars 2006, le moment était venu de donner plus de corps à la « Cellule Hongroise de la F.S.K » qui, depuis l’année 2003, regroupait les « FSKistes », étudiant(e)s et ancien(e)s étudiant(e)s hongrois(e)s ayant poursuivi une formation d’enseignement supérieur en Belgique. Ainsi naquit la « F.S.K. - Magyarország » (soit « F.S.K. - Hongrie »). Celle-ci fait sienne l’expérience de la F.S.K. et ses références : la charte, son logo « Europe de la Poignée de Main » etc…
Appelée à assumer ses responsabilités en Hongrie en accord avec la « F.S.K.-Belgique », elle y est aidée par l’Akadémia Ferenc Faludi. La F.S.K.- Magyarország effectue notamment la pré-sélection des futurs candidats hongrois à une bourse d’études supérieures en Belgique et oriente le choix des programmes d’entraide sociale.
En mars 2009, les Supérieurs Provinciaux Jésuites de Belgique Sud (P. Daniel Sonveaux) et de Hongrie (P. Janos Lukacs), ont décidé d’apporter, en accord commun, leur parrainage aux « F.S.K.-Belgique » et « F.S.K.- Magyarország » afin de les aider dans le développement de leurs projets. Les deux entités pourraient ainsi constitué une œuvre « inter-provinciale » dans le réseau des œuvres de la Compagnie de Jésus en Europe.
Pourquoi le nom de Stanislas Kostka ?
Les initiateurs de la F.S.K. ont choisi en 1994 le parrainage de STANISLAS KOSTKA pour deux motifs : d’une part la destination des bourses d’études à l’intention d’étudiant(e)s de pays de l’Est-Européen ; d’autre part l’exemple d’un idéal vécu avec obstination qui conduisit Stanislas à réaliser courageusement son projet de vie dans une dimension spirituelle transnationale.
Stanislas est né en Pologne, à Rostkow, en 1550. Dès 1564, il est à Vienne pour y poursuivre des études classiques ; il y découvre une autre vocation, celle de l’appel d’un autre Maître de vie. Mais il redoute d’en faire part à son père qui ne pourrait accepter qu’il entre dans la vie religieuse. Son obstination confirme sa décision : il se met en route à l’âge de 17 ans ! Son précepteur ne pourra le faire changer d’avis et de résolution. Un matin, à l’insu de son surveillant et de son frère, disant adieu à son patrimoine et jusqu’aux vêtements qu’il porte habituellement à l’école et à la maison, il s’habille d’une toile de sac et, le bâton à la main, il quitte Vienne à la manière d’un jeune paysan pauvre. A pied il traverse l’Allemagne et rejoint Rome où il fut admis au noviciat des pères jésuites par le Supérieur Général de l’époque, le père François Borgia. Il fut canonisé par le Pape Benoît XIII, en 1726. Il est fêté le 13 novembre.
Que conclure ?
Ce programme peut-il être considéré comme un des moyens à mettre en œuvre par les Facultés d’Enseignement Supérieur pour aider à plus d’harmonie en Europe ? Nous le pensons, selon les mesures de prudence qui s’imposent, comme nous pensons que cela pourrait se faire par d’autres forces vives. L’avenir nous dira les répercussions de l’action entamée dont on engrange, après quinze ans, des résultats très encourageants. A l’expérience de ce qui s’est vécu durant la première étape de la F.S.K., nous estimons aussi qu’au-delà de la formation académique, ce programme permet à des jeunes d’aujourd’hui, issus d’horizons différents, de se rencontrer durant une période importante de leur vie et de prévoir ensemble, à leur niveau, la construction de l’Europe sociale de demain. Acceptant de se former en Belgique ou dans d’autres pays d’Europe occidentale, ces jeunes seront demain les « acteurs de transformation sociale » que leurs pays et l’Europe nouvelle appellent pour résorber les disparités économiques et sociales des entités qui la composent.
Ce programme de solidarité pour la formation de jeunes-gens de l’Est-Européen ne fait-il pas partie des réponses aux défis des mutations que traversent notre société ? Si, grâce à la collaboration d’anciens élèves de Collèges et de Facultés de l’Enseignement Supérieur belges notamment, il put se concrétiser, ne fût-ce que dans les proportions modestes évoquées ci-dessus, l’espoir existe que ce programme soit pris en relais par d’autres structures académiques, associations d’anciens élèves, ou groupes professionnels. Et pourquoi ne pas espérer que, dans des structures plus officielles, ceux qui président aux destinées de l’Europe perçoivent dans ce programme un moyen relativement simple pour donner une suite rapide et tangible à la constitution de l’Europe des jeunes qui devient vite ... l’Europe « tout court » ?
Xavier Griffé s.j.
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